Richesse d’un genre aux multiples facettes.
Même si le jazz possède son propre répertoire il vagabonde volontiers hors de son territoire. Brad Mehldau est à l’image de cette nouvelle génération de musiciens. Initiés à la science de la musique savante, par le conservatoire classique, et à l’art du swing, leurs oreilles ont aussi été captivées par les sons des guitares saturées largement diffusées sur les ondes radio à l’heure de leur âge tendre. Le pianiste a ainsi naturellement mené des projets tendant vers la musique classique et de la même manière invoque régulièrement les légendes du rock dans ses récitals et albums jazz. Son expression romantique moderne s’empare avec grande acuité de la substance lyrique de ses invités. Brad Mehldau a joué à Issy au PACI en mars de cette année.
Les favoris du pianiste, ceux que l’on retrouve régulièrement à ses côtés. Le jeu de piano de Brad Mehldau si caractéristique, où main gauche et main droite se mêlent en entrelacs comme deux voix qui se cherchent, fait merveille dans les registres poétiques d’un Nick Drake ou des Beatles. Mais aussi dans les suspensions temporelles de Radiohead où un vaste espace s’ouvre pour faire jaillir des richesses harmoniques.
D’autres artistes qui ceux-là font des apparitions plus fugitives. Pour certains des tempéraments plus fougueux, plus électriques desquels Brad Mehldau réussi à en sublimer l’essence rêveuse comme on peut l’entendre avec Massive Attack. L’énergie d’un Nirvana quant à elle est traduite non pas par des sonorités rugueuses mais par un jeu de dissonances et de placements rythmiques rigoureux et jamais heurtés.