Découvrez la Compile des isséens 2018 !

Entre pépites méconnues des Floyd (sauf pour le concours du meilleur morceau en public), reprises inspirées et clins d’œil aux carrières solos de trois musiciens du groupe, sans compter un final pour découverte d’artistes ayant subi leur empreinte, la Compile des isséens 2018 a accouché d’un résultat particulièrement varié et original.  

 

Astronomy Dominé (reprise par Voivod) 

Une composition de Barrett pour le premier album des Floyd enregistré en même temps (1967)  et au même endroit que le « Sergent Peppers… » des Beatles, leurs voisins de studios à l’Abbey Road.  Morceau psychédélique en forme de « bad trip » spatial mélangeant références à l’astronomie, Shakespeare et bande dessinée, revivifiée ici avec à la fois respect absolu de l’original  et une puissance d’évocation sonore renouvelée par un groupe de métal canadien en 1989.

  

Dominoes  (Syd Barrett)

Il eut été dommage de se passer de la voix du premier leader des Floyd, présent ici avec cette composition inspirée, y compris d’ailleurs dans sa partie instrumentale finale. Ses problèmes psychiatriques l’empêcheront de composer au-delà de cette année 1970, il n’en demeurera pas moins une partie de l’âme du groupe même après son éviction inévitable.

 

Careful with that Axe, Eugène (en public)

Composée originalement en tant que face B d’un single de 1968, de nombreuses versions de ce chef d’oeuvre de la musique psychédélique existent. Malgré forte concurrence, la version de concert du double album « Ummagumma » semble pourtant indépassable, avec son climax en forme de cri primal inoubliable. Cosigné par les quatre membres du groupe, David Gilmour ayant pris la place laissée vacante par Barrett, il est également représentatif des performances hallucinées du floyd des débuts, qui ont bati le début de leur réputation, encore relativement « underground ». Il montre également les recherches instrumentales d’un groupe devant se passer d’un génie de la pop, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’évolution.

 

Summer ’68

L’absence d’un morceau d’album solo du clavier du groupe Rick Wright est ici compensée par cette splendide composition de l’album de 1970 « Atom Heart Mother »,  grand représentant du rock progressif naissant avec le « Trespass » de Génésis paru un mois plus tôt. Les bases classiques du talent de Wright se marient à merveille avec des réminiscences de chœurs à la Beach Boys, et c’est sans doute la pulsation unique du clavier et de la guitare qui lui donne effet, originalité et unité dans sa diversité. Rick Wright avouera que contrairement à d’autres morceaux de son cru il apprécie également les paroles « exprimant au moins un sentiment authentique », sans doute celle d’une brève liaison pendant une tournée du groupe.

 

Cymbaline (reprise par RPWL)

Composition originale de Roger Waters pour le film « More » de Barbet Schroder (1969), reprise ici par un groupe allemand se consacrant originalement à des reprises du groupe (Tribute Band). RPWL reste fidèle à l’original, avec la voix de Yogi  Lang fort proche de celle de Gilmour, mais le morceau est pourtant ici enrichi par de longues digressions instrumentales en rock progressif relativement « musclé », évoquant d’ailleurs le Floyd des années 80-90 pour cette improbable synthèse.

 

Fearless

Morceau extrait de l’album « Meddle » (1971) souvent considéré comme le précurseur du célébrissime « Dark Side of the Moon » donc premier représentant de leur style arrivé à maturité, osmose entre musiciens, et équilibre de ses divers composants. Osmose visible ici avec cette composition en tandem Gilmour / Waters, avec en arrière-plan sonore des chants de supporters du club de foot de Liverpool. Ce sont aussi les splendides sonorités des guitares acoustiques et ses paroles optimistes qui en font parfois un classique pour certains fans.

 

Welcome to the Machine

Morceau de 1975  de Waters, novateur instrumentalement avec ses synthétiseurs oppressants alliés à une guitare acoustique à la fois aérienne et fatidique, qui influenceront le rock industriel allemand ou un Trent Reznor.  Il marque aussi les débuts de l’emprise de Roger Waters sur le groupe dont les fissures apparaissent après le succès planétaire de 1973. La puissance évocatrice du morceau est sans doute aussi liée à son thème. En 1976, Waters, le plus politisé des Floyd, en fera l’analyse (prophétique ?) suivante : «L’idée, c’est que la Machine est souterraine. Quelque pouvoir souterrain et donc mauvais qui nous mène vers nos destins amers. Le héros a été exposé à ce Pouvoir, est descendu dans la machinerie et il a vu, et la Machine lui dit qu’elle le surveille parce qu’il sait. Elle lui apprend aussi que toutes ses actions sont des réflexes conditionnés et que ses réponses ne viennent pas de lui-même. En fait, il n’existe plus, sauf dans la mesure où il a la sensation que quelque chose ne va pas du tout. »   

 

Mother (demo)

Une réédition du magnum opus du « Pink Floyd de Waters » (The Wall, 1979) a permis d’entendre pour la première fois des essais parfois fort réussis de chansons avant leur forme définitive. Waters s’inscrit en faux sur l’aspect autobiographique éventuel de ce morceau, qui représente un bel exemple de ses talents de paroliers et d’un certain lyrisme, comme ici en deuxième partie. « L’avantage » de cette démo sur la version album réside dans les détails de l’accompagnement clavier, subtil.  

  

Run like Hell (demo)

Prévu au départ tel le « hit » de The Wall « Comfortably Numb » dans le premier album solo de Gilmour, « Run like hell » nous montre son talent guitaristique à son plus haut niveau. Effet extraordinaire de riffs, utilisation  intelligente du delay, ponts superbes entre couplets et refrains, les paroles et chant de Waters ne sont pas en reste pour cette évocation d’un univers totalitaire et violent.  La demo est peut être supérieure sur ce plan à la version finale, en évitant une ligne de basse trop lourde.

 

One of the few

Les problèmes d’équilibre psychologique du groupe liés avant tout à l’énergie créatrice de Waters tendent à faire oublier cette longue post face à The Wall, l’album « The Final Cut » : « a requiem for the post war dream by Roger Waters, performed by Pink Floyd », nous précise la pochette… Oubli à tort peut être car l’auteur y est peut-être à son plus beau niveau d’inspiration mélodique et de qualité vocale. La chanson ici présente n’avait pas été retenue lors des sessions de The Wall, qui évoque le maître d’école sadique du film, ne faisant que reproduire des brimades qu’il a lu même subies. En à peine plus d’une minute, un petit chef d’œuvre.

 

Amused to Death (Roger Waters)

Waters continue dans sa carrière en solo d’explorer ses thèmes favoris liés à l’aliénation humaine, en concentrant dans ce concept album de 1992, qui donne également titre à ce morceau, sur une critique acerbe de la télévision et du consumérisme. La pochette évoluera d’ailleurs d’un singe zappant sur un écran à l’image télé d’un oeil géant regardant un enfant…

      

Rattle that Knock (David Gilmour)

Les « chefs d’œuvre perdus » du Pink Floyd ultime, suite au départ de Waters, ont été difficiles à dénicher au cours de la composition de la compilation. Ce morceau de Gilmour en concert à Pompéi fera office de représentant de la période, caractérisée par des orientations musicales plus directes et plus simples. Ce morceau est d’ailleurs bati suite a un passage en France à partir du jingle de la SNCF de Michael Boumendil, qu’il invite dans son studio à cette occasion. Gilmour y retrouve par ailleurs les accents blues-rock de sa jeunesse.

 

Airbag : Sounds that I hear

Ce groupe norvégien part régulièrement en tournée avec le tribute band « The Pink Floyd expérience » mais compose des morceaux de son cru, même si largement inspirés de la musique de leurs aînés, ici dans leurs orientations rock progressif « planant ». Une occasion d’effleurer l’influence du leg musical du Flamand Rose, immense.   

 

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