Comment le tango a pu accéder à l’universalité et être adoubé par les musiques savantes. 
 

Le triptyque iconique idéal du tango pourrait être Carlos Gardel le crooner, Anibal Troilo le virtuose du bandonéon et Astor Piazzolla le compositeur. Aux débuts de ce dernier, le tango n’était qu’un genre musical populaire il avait alors le désir ardent de devenir compositeur de musique classique. Mais c’est Nadia Boulanger, qui a eu pour élèves George Gershwin et Leonard Bernstein et avec qui il apprend la composition, qui le remet sur les rails du tango. Le bagage musical acquis en France au conservatoire américain de Fontainebleau trouvera naturellement sa place dans ses compositions et leur apportera une nouvelle dimension. Dès lors le tango n’est plus au service de la danse ou d’un chanteur mais devient une musique existant par elle-même. Il séduit les musiques savantes - qu’elles soient classiques ou jazz - et le cinéma le convoite pour sa puissance narrative. Tout le talent de Piazzolla a été d’emprunter les formes musicales du classique (il a par ailleurs écrit un opéra), les contre-points de Bach, ou les couleurs du jazz tout en conservant au tango son ADN. Plus qu’avoir opéré une simple évolution du tango , Piazzolla l’a étiré sous toutes ses facettes vers des territoires dont on n’a plus pu revenir après lui.

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