Dark rock à l’allemande (1)

Depuis trente ans et une vingtaine d’albums ce groupe déroule un style mixant gothique et rock indus et electro, vaguement étiqueté « dark electro ». Parfois inégale, leur œuvre néanmoins fort riche en fait à ses meilleurs moments de dignes contemporains d’un Rammstein. (cf morceau 3 en live). Leur notoriété reste d’ailleurs forte en Allemagne à côté de ce chef de file plus métallique, aux ambiances également martiales. Leurs albums « Eon Eon » et « Daimonion » ont rencontré un bon succés commercial entre 1998 et 2001, sans doute par leur sens de la fusion entre la New Wave et leurs rythmes électroniques puissants (morceau 2). Le clip bien mis en scène sur « Blood Diamond » est lui à découvrir du fait de son thème : l’enfant capricieux devient un roi pour le malheur de tous, y compris le sien, dans une esthétique cinématographique oscillant entre un « Kamelot Shakespearien » et un « Hellraiser saignant».  Attention le chanteur Peter Spilles, apparenté physiquement à un Peter Murphy (Bauhaus), mais au visage froid pour rôle de vampires, peut vaguement inquiéter. Il chante en anglais.

 

  • VLIMMER

La preuve que les artistes inconnus de qualité sont nombreux. Alexander Leonard Donat alias Vlimmer a décidé de bâtir une œuvre et véritable planificateur : 18 EP de 5 titres prévus dès le début du projet en 2015, s’achevant en 2020. Chacun des titres, chanté en allemand, n’est constitué que d’un mot, les quatre rassemblés ici sont traduisibles par :  « ancrage », « océan de béton »,  « rails inondés », « sans couleur », bref, ce n’est pas du funk.  L’artiste avance le terme « dark shoegaze » pour qualifier l’ensemble, mais l’écoute attentive montre une évolution malgré l’unité sous-jacente : d’un style dépressif « post  joy division » à une utilisation plus accentuée des possibilités des synthétiseurs et recherche d’originalité dans les styles de compositions. Le rythme motorique des morceaux plus rapides évoque celui des groupes Krautrock, et le « mur de guitare noisy » se constituant pendant l’écoute de « l’océan de béton » est assez impressionnant, rejoignant celui du Sonic Youth du morceau « Washing Machine », bref une pièce qui vaut bien mieux que sa cinquantaine de vues sur YT… Le monsieur peint ses coffrets rassemblant 25 compositions…à la main et donc en série fort limitée ! Une des multiples pépites que l’on peut découvrir sur le site Bandcamp, car Vlimmer n’est même pas référencé sur la base « de référence » discographique Allmusic.com, qui a ses faiblesses pour les artistes d’Europe continentale. 

 

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