Goth transgenre.

  • SOPOR AETERNUS

Sopor Aeternus (sommeil éternel, ambiance), alias Anna Varney Cantodea, alias… ?, c'est avant tout un style unique né dans les années 90 en Allemagne. Macabre, dépressif, sombre... inclassable. La voix est calmement abyssale, profonde, mystérieuse et pourtant fort mélodique. Tantôt une douce plainte tantôt une rage démoniaque. Bref, un mystère en son entier. Sopor aime d’ailleurs le cultiver en ne faisant aucun show, aucune interview en face-à-face. Chaque morceau est une lamentation, une plongée dans un monde, tantôt noir, tantôt léger. elle puise profondément en lui pour catharsiser un mal qui semble le ronger à petits feux. C’est aussi une fragile lumière (inattendue parfois) qui émerge pour nous apporter grace et beauté. Dans l’œuvre musicale de Sopor, rien n’est simple, chaque chanson regorge de détails et d’ambiances différentes (inspirations médiévales, gothiques, néoclassiques). Certes, l’aspect obscur -et ésotérique- ressort principalement, mais si on tend bien l’oreille, on peut trouver quelques notes d’enthousiasme, d’humour, voire de joie. En somme, une artiste très complète, mais qui ne peut convenir aux amateurs de rythmes feel good et entraînants. SG

 

  • BOY HARSHER

Boy Harsher provient de Northampton, Massachusetts, reconnue pour la vitalité de sa scène LGBT, communauté pour laquelle d’ailleurs ce duo milite.  Jae Matthews au chant et Augustus Muller aux claviers ont commencé à mettre en musique les poèmes de la première de façon expérimentale avant de déboucher sur leur projet Boy Harsher, beaucoup plus marqué par une approche « dancefloor », le morceau « Pain » étant d’ailleurs devenu un hit de boîtes de nuit underground à Berlin, Londres ou Paris depuis le milieu des années 2010 . Une musique à la croisée de divers styles, entre darkwave, house, goth-trance, synth pop, cold wave etc… ! La voix distille une saveur indéniable d’érotisme sur un environnement sonore froid, le duo à la ville comme à la scène ne taisant pas l’influence de leur intimité sur la coloration de leurs compositions. « Cette musique a quelque chose de profondément ardent, c’est un souffle vivace qui ne veut pas s’éteindre…/… C’est plutôt glauque, ça sent la solitude, la lassitude, les rêves brisés et les cicatrices pas encore refermées…/…Une île de liberté dans un océan de conformisme, un refuge temporaire dans un monde sans pitié où les gens dansent pour ne pas tomber » Tanguy Le Hir.