La scène rock de Rennes.

En parallèle à la nouvelle tendance de la variété française s’orientant au tout début des années 80 vers une esthétique pop construite autour du synthé-roi issu de la new wave, se crée toute une émulation autour d’une scène bien plus underground et rock, dans plusieurs villes de province, et en particulier à Rennes.

Un groupe, Marquis de Sade, symbolise ce mouvement de retour aux sources rock. Centré autour de deux figures mythiques, Philippe Pascal, au chant, et Frank Darcel, guitariste, la formation ne se rattache à aucun courant musical vraiment défini et est difficilement classifiable. Elle est surtout représentative d’un nouvel esprit très caractéristique du rock français des premières années de la décennie 80 en France : Une liberté de ton, couplée à une certaine audace dans les thèmes abordés. Marquis de Sade explore tout un paysage musical, passant du rock musclé chanté en français « Final fog » (1981), au tempo médian en anglais « Wanda’s loving boy » (1981).

Portée par le succès montant des « Sadiens », la ville de Rennes devient ainsi, au début et tout le long des années 80, le lieu d’éclosion de tout un ensemble d’artistes, dont l’essor est appuyé par plusieurs lieux de concerts locaux et l’organisation d’un festival de renommée internationale, les Rencontres Trans Musicales. Emerge ainsi Ubik, dont le brûlot « Elixir » (1983) enflamme les scènes locales. Pâtissants du manque d’infrastructures rennaises pour assurer leur essor à l’international, les groupes qui veulent confirmer leur carrière doivent peu à peu quitter la ville et rejoindre la capitale.

C’est le cas d’Etienne Daho, une des figures majeures du terreau rennais, qui, dans un style plus new wave à l’image de « Cowboy » (1982), s’envole vers des succès ininterrompus depuis lors. Elli et Jacno, avec « Le téléphone » (1981), lui emboîtent le pas pour une belle trajectoire le long des 80’s.

Les années 90, avec l’essor d’une nouvelle scène française plus proche de l’esthétique de la décennie 70, mêlant tempos assagis et voix en avant, seront une période plus en mineur pour la création rennaise. Mais, dès l’orée des années 2000, un beau sursaut opère. Le trio percutant de Candie Prune brûle les scènes avec « Valentine » (1999). Et, plus récemment, avec « Monkey bum bum boogie » (2003) le quintette électro-rock Bikini Machine renoue avec la créativité débridée des belles années du rock français à Rennes.