Découvrez la Compile des isséens 2019 !

Compile2019 Cure

Fruit d’un processus continu en plusieurs étapes (présélection de nombreux morceaux méconnus de qualité, deux questionnaires papier & en ligne et étape finale au café musical du 1er juin), ayant impliqué une trentaine de personnes, la médiathèque & les isséens sont ravis de vous présenter la sélection finale suivante qui donnera un aperçu de la richesse musicale du groupe.  Une compilation que nous espérons adaptée à la fois aux néophytes et aux connaisseurs de l’œuvre du leader Robert Smith, l’un des grands artistes de la new wave.  Et qui met en lumière aussi bien la face créative sombre du groupe que ses aspects plus pop(ulaires).

Ecouter de la compile complète :

 

10:15 saturday night (1978, live 1979)

The Cure a souvent proposé des faces B de ses 45 tours de grande qualité, preuve en est avec ce premier single de décembre 1978 accompagnant « Killing an Arab ». Ici dans une version live qui prouve avec ses accents vocaux punk et sa rythmique proche du ska que Robert Smith est un fils de son temps tout en ayant cherché et trouvé dès l’adolescence une voie unique et ouvrant un avenir prometteur.

  

Three imaginary boys (1979)

R. Smith est à intervalles régulier fort critique du premier album éponyme, sans doute par manque de contrôle total sur ce premier opus, qui manque seulement d’unité de ton. Il n’en possède pas moins des titres marquants tels le précédent, qui ouvre l’album, ou ce chant final mélancolique et ensorceleur qui n’est pas sans évoquer Nick Drake, qu’il admire

 

Killing an arab (1978, interprétation : Speed Caravan, live 2012)

Le tout premier morceau paru du groupe a donné lieu dès sortie à des malentendus du simple fait de son titre. Groupes d’extrême gauche ou droite en ont fait le miroir de leurs obsessions bien que Smith  n’essayait que de transcrire en chanson les impressions ressentis par le narrateur du roman « l’Etranger » de Camus. Il a failli disparaître de la célèbre compilation de singles « Staring at the sea ». Le politiquement correct récent aidant, il change de titre à la volée à partir de notre millénaire au moment des concerts, ou même de dénomination. Mettons tout le monde d’accord sur ses déplorables péripéties grâce au jeu superbe au oud électrique du musicien d'origine algérienne Medhi Haddab, du groupe français Speed Caravan. Belle et confidentielle reprise.

 

M (c.1980, live 1980)

Albert Camus, de nouveau, et sa nouvelle « La Mort heureuse », aurait eu une grande influence sur les paroles ce morceau, mais beaucoup s’entendent surtout à y voir une chanson d’amour anxieuse évoquant Mary Poole, par ailleurs grand pôle de stabilité dans la vie de Robert. Guitare en mode enlevée, mélodie imparable.

 

A forest (c.1980, interprétation Clan of Xymox, 2012)

Plus représentatif de l’ambiance globalement sombre et à la limite du rock gothique du 2ème album « Seventeen Seconds », ce célèbre morceau à l’impact immédiat méritait une illustration moins connue que celle d’origine. Chose faite avec cette reprise d’un groupe hollandais ayant bonne réputation dans le milieu indépendant « cold / dark wave ».  Une réinterprétation fidèle à l’originale et à la qualité instrumentale indéniable. 

Primary (1981, live 1984)

Un ancien single dans une version live comme le veut la règle présidant à l’élaboration des compilations. Titre particulièrement « motorique » qui poursuit le sillon ouvert par « the forest », il est originalement joué avec deux basses et batterie.

 

The drowning man (1981, live 1981)

Arrivé à égalité parfaite avec le titre précédent pendant les votes, nous proposons les deux morceaux de l’album « Faith » d’autant plus que cet « homme se noyant » correspond mieux au ton général dégagé par le chef d’oeuvre de rock dépressif de 1981, l’album « Faith ». Ici aussi une version live à Sydney instrumentalement plus riche que la version studio.

 

One hundred years (1982, live 2006)

La grande trilogie de rock noir de 1980 – 1982 se termine en beauté avec le riff aussi puissant et lancinant que toujours étrangement neuf délivré par la guitare de Smith, sur des paroles d’ouverture au verdict quelque peu arrogant et sans appel « It’ doesn’t matter  if we all die ». Montez le son, n’en jetez plus et passons à tout autre chose !

  

An empty world (1984)

Poursuivre dans la voie du diamant noir Pornography aurait sans doute mis la vie de R. Smith en danger, à l’instar de certains poètes romantiques ou de ses contemporains Ian Curtis (Joy Division) & Adrian Borland (The Sound). Petit bol d’air avec ce morceau méconnu de l’album de transition « the Top », album plus psychédélique et dans lequel Smith expérimente autour de sa voix et où l’on distingue une improbable flûte irlandaise. Ce titre a émergé au cours du seul café musical et illustre bien une caractéristique significative et rare relevée dans les commentaires YT : la plupart des morceaux du groupe sont considérés comme leur préféré par tel ou tel auditeur.

 

A night like this (1985, live 2005)

Milieu des années 80. MTV émerge et l’esthétique clip rock avec la chaîne. Avec la sortie de la compilation « standing on the beach » qui suit l’album « The Head on the door » The Cure atteint le statut de groupe superstar et perce le marché américain même s’il perd une partie de son ancien public plus « gothique ». Mais comment ne pas apprécier la « pop à cœur sombre » illustrée par de tels succés commerciaux ? 

 

Like Cockatoos (1987)

Pouvoir désormais proposer des perles pop « en série » n’empêche pas le groupe de poursuivre ses recherches musicales formelles. Dans des conditions physiques idéales au studio de Marival (France) et un fonctionnement collectif de type « centralisme smithien démocratique !» dans lequel chacun trouve sa place au sein d’un groupe élargi.  Preuve en est avec ce riche morceau, que ce soit au niveau des soubassements instrumentaux (synthétiseurs), rythme (la basse de Simon Gallup comme cœur) et originalité de la mélodie

      

Just Like Heaven (1987, demo studio)

Il eut été dommage de ne pas illustrer le talent du groupe en musique instrumentale pure.  Coup double avec cette démo d’un de leurs plus grands tubes…mais ici sans la voix de Robert Smith. Beaucoup y reconnaitront aussi le générique de feu l’émission de télé la plus célèbre du genre en France : « Les enfants du rock ». Cette démo est en fait une commande de la TV française, le groupe l’inclura dans l’album un peu plus tard, avec chant. Le rare mot chez Smith de « heaven » convient bien à son atmosphère particulièrement positive et lumineuse.

 

Trust (1992)

Illustration du talent de Smith pour la ballade romantique, dans un bel écrin instrumental assez liquide, dont l’assez rare utilisation d’un piano. Comme souvent depuis 1987, de longues introductions structurent les titres avant l’apparition de la voix. Sortez vos mouchoirs.  L’album « Wish » est le dernier de l’apogée commerciale du groupe (n.1 en Angleterre, 2ème aux USA)

 

Away (cut) (1992, live 1992)

Le morceau »cut » concluant l’album « Wish » est ici transfiguré dans cette version live bien perdue, et qui gagne en subtilité ce qu’il a perdu en grandiloquence, autant au niveau de la voix que de l‘incroyable équilibre instrumental atteint, qui plus est en concert. Et quel duo de guitares…

 

Burn (1994)

Extrait de la compilation rock du film « The Crow », The Cure en mode professionnel carré : tube potentiel, puissance d’impact direct. On n’est sans doute pas loin du meilleur U2. Objectif réussi si on en juge à cette sélection ou au nombre de vue sur YT pour un morceau absent des albums officiels. 

 

Lost (2004)

Bien que d’autres excellents moments attendent l’auditeur dans les disques des années 2000, ce morceau dans lequel la voix de Smith parvient à un sommet d’intensité écorchée, qui prend littéralement aux tripes, est sans doute un sommet dans l’œuvre. Les doutes existentiels sont décidemment la principale caractéristique de l’âme inquiète de Robert Smith… »I can’t find myself »… 

 

The Same Deep Water as You (1989)

Un morceau qui a dérogé à la règle fort chronologique de l’établissement de la compilation. De par sa longueur idéale pour une conclusion, de la phase particulièrement pessimiste focalisée en cette année 89 chez Smith au beau milieu des « années pop » 1983 – 1993. L’album « Disintegration » avait pour but chez l’éternel perfectionniste Smith de marquer l’histoire du rock, à vous de juger si son pari a été réussi en l’écoutant ou réécoutant en entier suite à cette conclusion…

 

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